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09.02.2009

Un coup de fatigue

Je ne sais comment intituler ce post ; je m'explique.

Je parle souvent au téléphone avec l'une de mes amies ; une amie depuis très longtemps.

Malheureusement la vie nous a un peu séparée ; j'ai eu un problème avec son mari, qui est très désagréable, et je fais en sorte de la voir elle sans le voir lui.

Elle semble considérer que je "comprends" que son mari est pénible, mais je lui en veux un peu de s'installer dans cette attitude : si elle ne peut obtenir de son mari qu'il soit un peu plus diplomate, je le prends un peu contre moi. EN quelque sorte, je passe après lui dans sa vie à elle, ce qui semble normal à la plupart des gens à qui j'en parle ; j'ai donc pris l'habitude de faire la même chose de mon côté : si elle ne me fait pas passer devant, je ne le fais pas non plus. Donc, depuis le problème que j'ai eu avec son mari, je ne suis pas systématiquement disponible pour elle, comme je l'étais auparavant.

Cela ne m'empêche pas de bien l'aimer ; et en ce moment elle ne va pas très bien. Elle m'appelle souvent et je lui réponds. ça lui fait du bien.

Sauf que depuis la semaine dernière, nous avons passé le cap des quasi deux heures de téléphone par jour. Et là, ça fait beaucoup.  ELle m'a plusieurs fois appelé en présence de mon mari et de mes enfants ; je prends du temps que je devrais passer avec eux pour parler avec elle ; en plus, cela m'ennuie : je respecte ses problèmes, mais elle est très timide et manque de confiance en elle pour certaines choses : les problèmes qu'elle a sont donc essentiellement des problèmes de relations avec d'autres personnes : elle me les narre en détail, et m'explique ce qu'elle compte faire pour y remédier.

Quand, après le problème avec son mari, je me suis contrainte à moins l'appeler, à moins lui parler, à ne plus automatiquement compter sur elle à chaque petit évènement de la vie, j'ai été très triste tout d'abord ; son soutien, son écoute m'ont manqué ; mais au bout d'un moment j'ai été plus forte. Je suis devenue capable de me passer d'elle, et de mieux apprécier de parler avec elle, même si ça peut sembler paradoxal. J'avais moins besoin d'elle, je l'appréciais gratuitement, si je puis dire.

Mais pas elle : elle a toujours besoin de me parler en détail de ce qui ne va pas : donc, là, je prends du temps familial pour lui parler. Je peux le faire : mais pas pendant très longtemps. Les soirées sont courtes : deux heures de discussions presque tous les soirs, c'est lourd à gérer.

je suis donc ennuyée : mes petits calculs me semblent bienmesquins et compliqués ; mais dire chaque soir à mes enfants "j'arrive, j'arrive" pour le calin et venir plus tard, ça me gêne. Elle a fait le choix de son mari, quand il a été si désagréable avec moi, elle m'a expliqué le point de vue de son mari : très bien : faire le choix de sa famille, ça se justifie : mais ne dois-je pas, moi aussi, et pour les mêmes raison, faire le choix de ma famille?

Ce qui m'amènerait à couper le flot de parole qu'elle déverse sur moi ; et pourtant je sens qu'elle a besoin de parler ; je me sens cruelle.

 

Si elle ne ralentit pas d'elle-même, il me faudra en venir là.

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